Le royaume d’avalon
La brume vient de se lever sur le redoutable massif des Montagnes du Matin à l'ouest de Mornea. Inexorablement, la chape de vapeurs matinales descend sur le delta du Ciar. Elle envahit de sa robe d'humidité fétide marécages, végétation et remparts de pierres noircies élevés par l'homme en ces terres inhospitalières.
Alors que le brouillard progresse encore au raz des tourbières, il engloutit une triste cité dont la silhouette peine à émerger.
La cité est imposante, lugubre et le vent semble gémir lorsqu'il court le long de ses murailles. L'ombre sinistre de Kerkastel, la capitale du Royaume d'Avalon se détache finalement. Depuis cette cité inquiétante, Dame Alienor aux mille Masques règne avec autorité sur son peuple et ses vassaux, les sept Barons d'Avalon.
Mais, si le corps des avaloniens appartient à la Régente, leur âme est propriété de l'Eglise. En qualité de guide suprême de la Foi Avalonienne, le Cardinal Augustus inspire crainte et respect à tous dans le royaume, paysans autant que nobles.
Il est le gardien d'un secret qui lie Avalon au destin d'un être singulier : le Beathacrann. Un arbre unique, gigantesque, doué d'une volonté propre et dont les branches griffues et les racines tortueuses semblent s'étendre à perte de vue.
Suite à un sombre pacte contracté avec celui-ci lors de la création du Royaume, l'Eglise peut aujourd'hui distribuer de funestes dons à ceux qu'elle juge méritants. Ces faveurs végétales permettent à l'élite avalonienne de développer des attributs fantastiques que même la raison ne semble pouvoir limiter.
Mais si l'Eglise peut récompenser les plus dignes, elle peut aussi châtier ceux qui osent s'écarter de son dogme. Pour ces fous, la mort rapide offerte par l'un des trois ordres templiers, le bras armé de l'Eglise, est une chance en comparaison des tourments qui les attendent s'ils sont confiés aux bons soins du Beathacrann...






L'Empire de la Triade de Jade
Délimité au nord par les vastes plaines équatoriales, au sud par les contrées les plus méridionales de Mornea, à l’ouest par les sinistres Montagnes du Matin et à l’est par la mystérieuse Forêt Blanche, l’Empire de la Triade de Jade est le berceau de la civilisation humaine et la première nation fondée sur Mornea.
Au coeur de ce territoire, dans un palais immense aux couleurs du printemps, siègent les trois Célestes, à la tête des trois Ordres de la Triade. Ceux-ci dirigent les hommes depuis des générations et continuent aujourd’hui à faire prospérer le Grand Empire.
Dao Feng est le Céleste du Souffle de Dao. Sa sphère d’influence s’étend sur tous les domaines de connaissance : rien n’échappe à l’étude approfondie des membres de ses écoles. Tout peut servir la grandeur de l’empire et bon nombre de découvertes sont le fruit des expériences de l’ordre. Ces écoles forment certainement parmi les plus talentueux des alchimistes de Mornea et ceux qui composent la garde personnelle de Dao Feng, la Garde Dragon, sont les plus doués de tous.
Wong Hao est le Céleste du Coeur de Fer qui, depuis la création de l’empire, forme dans les écoles de l’ordre les plus formidables des soldats et les plus aguerris des bretteurs à avoir jamais foulé le sol de Mornea. Nul n’oserait d’ailleurs s’opposer à la crème des guerriers qui y sont entraînés et qui forment la troupe d’élite personnelle du Céleste : la Garde Tigre. Sa seule apparition lors d’une bataille peut d’ailleurs faire basculer le cours de celle-ci.
Personne ne sait qui est le Céleste de la Lune Blafarde. Personne ne connaît non plus son véritable rôle aujourd’hui au sein de la Triade. Mais nul ne met en doute l’efficacité de son ordre, quelle que soit la tâche dont il s’acquitte. Que ce fut comme cartographe à l’aube des temps ou bien comme diplomate aujourd’hui, l’Ordre a toujours été efficace dans tout ce qu’il a entrepris. Pour que ses desseins soient toujours accomplis sans faux pas, le Céleste n’hésite pas à requérir les services de ses plus proches fidèles : la Garde Cobra.




La république Khalimane
Tout voyage digne de ce nom sur Mornea fait nécessairement escale sur les terres khalimanes, car aucun voyageur ne peut se flatter d’avoir vu les plus belles choses du monde s’il n’a pas vu les différents visages de la République. Ces terres offrent des variations sur une partition de paysages tout à fait surprenantes. Du chant des dunes du Désert Asfar, en passant par la mélopée des montagnes enneigées des Monts Halib, aux symphonies des plaines verdoyantes qui bordent la Mer de la Sérénité, tout n’est que mélodie enchanteresse pour les sens émerveillés.
Un voyageur ne peut non plus se vanter de connaître les merveilles du continent s’il n’a pas parcouru le dédale des rues et des canaux de la capitale des Khalimans : Shadukiam.
Bâtie sur l’eau qui les a vus naître, la ville exhale, dès que l’on franchit ses portes, des parfums d’encens, d’épices et de subtiles fragrances de musc et de cannelle. La cité est en outre un vrai livre à ciel ouvert dédié à l’art sous toutes ses formes.
L’architecture y est sublimée par des édifices majestueux, la peinture et la sculpture y sont nées alors que la littérature et les bons mots forment le quotidien de ses habitants. Cet amour des mots, associé à leur noblesse d’âme et leur esprit juste, les a naturellement conduits à devenir des ambassadeurs parmi les peuples de Mornea. Les cheikhs khalimans, diplomates tout autant que juges, parcourent ainsi les routes du continent afin d’apporter un arbitrage dans les débats qui divisent les différentes nations.
Chez les Khalimans tout se prête à la recherche de la finesse et ils se font un devoir de dévoiler la beautéen toute chose. Si les cheikhs appliquent ce principe lors de leurs conciliations, la guerre et le combat ne dérogent pas à cette règle. Les passes d’armes, les enchaînements de coups, tous les mouvements effectués par les guerriers khalimans semblent chorégraphiés, réglés à la seconde et au centimètre près. C’est une véritable danse que tous pratiquent, et que certains, que l’on nomme Derw’ishs, poussent à l’extrême au cours de valses.






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La religion n'est que la boussole d'un peuple d'ignorants.